Duel
Fratricide au soleil

Et
hop ! Le nouveau Mario est arrivé ! Certes un peu en retard puisque généralement
c'est lui qui accompagne la sortie d'une console Nintendo. Avec la GameCube,
c'est Luigi qui s'est pointé… mais Mario est arrivé quand même fin juillet
2002 sur toutes les Game Cube Japonaises et il sera prochainement disponible
sur nos machines françaises (en Octobre 2002).
Histoire
de faire le point sur ce titre très attendu, nous nous sommes procurés
la version japonaise et nous nous sommes amusés à faire un comparatif
entre les deux frères plombiers…Luigi Vs Mario.
Les
titres sont très différents, et certains diront qu'ils ne peuvent être
comparés. Cependant nous nous plaçons dans l'optique d'un joueur peu fortuné
qui hésiterait entre ces deux titres.
Avec
Mario, c'est du soleil plein la tête !
D'emblée
SMS (Super Mario Sunshine) vous met dans l'ambiance : plage, cocotiers,
sable fin… hmm… Dolphic Island a un arrière goût de vacances pas désagréable
du tout... Il fait d'ailleurs tellement chaud que la Game cube s'offre
un superbe effet d'optique : la chaleur " brouille " votre champ
de vision. Les bâtiments éloignés semblent tremblés et plus vous vous
approchez d'eaux et plus les détails s'affinent.

C'est
un univers très chatoyant et très plaisant à jouer. de nombreux effets
graphiques agrémentent le jeu mais il ne faut pas non plus s'attendre
à une grosse claque graphique. Une petite intro en images de synthèse
- pas impressionnante pour deux sous - vous accueille et c'est une première
dans un Mario !

Avec
Luigi, c'est obscurité, toiles d'araignées et poussière à volonté !
Changement
radical de décor pour Luigi : l'obscurité et la pénombre règnent en maître.
L'ambiance, sans être aussi glauque que dans un Resident Evil, est assez
sombre et place le frère de Mario dans un manoir pas vraiment avenant.
Néanmoins
l'aspect est assez " cartoon " et même si le décor semble être
en 2D, il comporte de nombreux éléments en 3D (toiles d'araignées, lustres,
tableaux, miroirs, objets, meubles) lui donnant plus de relief. De plus
c'est le décor qui " bouge " autour de Luigi et non pas Luigi qui
se déplace dans un décor statique, comme par exemple dans un Resident
Evil.
Bref
autant Mario est lumineux, autant Luigi est lugubre…


Deux
styles de jeu différents mais de nombreuses similitudes…
SMS
est un jeu 100 % plates-formes… dans la pure lignée de Mario 64 sur N64.
D'ailleurs puisqu'on parle de ce dernier, rappelons que Mario Sunshine,
à l'instar de BioHazard 0 était prévu à l'origine sur le simili disque
dur de la N64 (souvenez-vous… ce gros boîtier qui se plaçait sous la N64
et qui a fait un flop monumental). Bref compte-tenu du retentissant échec
commercial de la bête et de la dégringolade des ventes de N64, Nintendo
a préféré concentrer ses efforts sur la Game Cube…


Néanmoins,
mis à part l'avancée technologique qui sépare les deux machines, il n'y
a pas de différences majeures entre Mario 64 et SMS. Tout est en 3D !
Au demeurant, il y avait plus de différences entre la version Super Nintendo
et la version N64 qu'entre cette dernière et la GameCube.
Mauvais
point donc pour SMS, qui faute d'innover, se contente de reprendre les
bases établies par son grand frère. On peut d'ailleurs faire le parallèle
entre les deux Zelda de la N64 et se dire que c'est comme si Majora était
sorti sur Game Cube.
En
définitive c'est plus un prolongement de Mario 64 qu'un jeu à part entière.
Sentiment renforcé par le fait que les niveaux sont moins nombreux et
que les missions se ressemblent plus ou moins : course poursuite, dégommage
d'objets, etc. Petite nouveauté quand même : l'apparition
de Yoshi en "Guest Star" ! Ahhhh ! Ca fait du bien de le revoir
!
Seule
véritable nouveauté : Une sorte de robot " pompe à eau " se trouve désormais
sur le dos de Mario et l'aidera tout au long de la partie sauf à quelques
occasions comme le passage des niveaux de plates-formes purs et durs.
Elle a pour principales fonctions : l'arrosage des ennemis, le nettoyage
des niveaux et persos souillés par l'ennemi (le fils caché de Browser
et de la princesse Peach :) et la propulsion de Mario (à la manière d'un
jet-pack). Au cours du jeu, ses fonctions seront étendues (arrosage en
rotation, jet plus puissant, etc.)
Mention
spéciale pour la gestion en temps réélle des effets d'eau et de couleurs,
les monstres " se répandent " parfaitement sur le sol, sans le
moindre bug graphique… Idem quand Mario nettoie les parties souillées
du décor… C'est du tout bon !
Du
côté de Luigi, on assiste au premier Resident Evil pour enfant ! Le but
du jeu est d'explorer un manoir pour retrouver Mario (on sait qu'il a
réussi sa mission puisque Super Mario Sunshine vient de sortir :)
L'univers
est en 2D mais les personnages et les objets sont en 3D. Pour progresser
dans l'aventure il vous faudra détruire des fantômes et autres ectoplasmes
par aspiration ! Oui, votre arme c'est un aspirateur ! Ne vous attendez
pas à trouver un fusil à pompe ou un lance-flammes dans un jeu pour enfant
quand même !
Mais
attention c'est pas l'aspirateur de maman ! non là c'est un aspirateur/souffleur,
capable d'aspirer en plus des monstres : les flammes, la glace et l'eau
et les recracher si nécessaire…
Finalement
on est pas si loin du lance-flammes :)
Première
similitude entre les deux titres : un engin les accompagne… et franchement
Nintendo ne s'est pas trop foulé avec SMS car l'aspirateur de Luigi est
100 fois plus adapté à la situation que ne peut l'être la pompe à eau
de Mario… Pour tout dire, on a l'impression que ce qui n'aurait du être
qu'un gadget lors d'un stage spécial est devenu, à tort, indissociable
de Mario…
Avec
Luigi c'était justifié car il lui fallait une arme (peu de possibilité
car l'environnement n'est pas entièrement en 3D). Dans Mario c'est moins
évident car si vous vous souvenez des précédents opus : la plume ou la
cape remplissait ce rôle, tout comme dans Mario 64, le système de casquettes
permettait de faire voler Mario ou de lui donner de nouvelles possibilités…
Personnellement j'aurais préféré une utilisation
plus poussée de Yoshi.
Deuxième
similitude : les titres sont courts ! Gasp ! Le marketing est passé par
là : les héros Nintendo doivent être plus souvent sur le devant de la
scène ! Le syndrôme Pokemon a montré que quantité rimait avec liquidités
… alors derrière eux, faut assurer ! Luigi, Smash Brothers, Mario à quelques
mois d'intervalle… Sans oublier Star Fox, Super Metroid, F Zero, Wario
et Zelda qui suivent… L'offensive est lancée !
Jamais
sur une console de Nintendo, les " stars maisons " ne se sont concurrencées
entre-elles. Dans le temps, Nintendo visait le long terme, un titre était
rentabilisé à longue échéance. Il y avait un Mario, un Zelda et une très
longue attente entre leurs séquelles. Le Super Mario Sunshine est à peine
sortie qu'on nous laisse entendre qu'un nouveau Mario est en cours de
développement (au titre énigmatique de 100 Mario). De plus il aurait été
impensable de sortir deux " titres phares " à un ou deux mois d'intervalle…
non, comme le disait mon Grand-Père, dans le temps on avait son Mario
quand la console sortait, on recevait son Zelda à Noël et au Noël suivant
on avait son Star Fox…
Mais
que voulez-vous ! Les temps changent, Miyamoto est devenu une légende
vivante du monde des jeux vidéo, et à ce titre, il est plus un VRP de
luxe qu'un concepteur à part entière. Et cela se sent : même si les deux
titres sont peaufinés à l'extrême et sont toujours aussi plaisants à jouer
(Miyamoto jette quand même un coup d'œil entre deux cocktails), il manque
un petit quelque chose qui les placerait au rang de jeu incontournable…
Là au mieux ils ont le statut d'excellents jeux, mais pas plus.
Avec une si petite durée de vie, il est clair qu'on verra nos héros plus
souvent (où alors les programmeurs vont devoir justifier leur temps de
travail :) mais ne vaut-il mieux pas un jeu culte avec une durée de vie
importante que plusieurs petits jeux vite joués, vite oubliés… A mon avis,
les gars du marketing pensent que non. Il faut vous faire une idée, les
artisans sont devenus des industriels avec les objectifs de rentabilité
qui vont avec…
Autre
similitude : les stages sont exploités au maximun ! Comme d'habitude chez
Nintendo, vous serez amenés à repasser plusieurs fois dans les mêmes stages
pour différentes missions. Sans compter les " Games in the Game
" - ces minis-jeux, pas vraiment utiles pour la suite de l'histoire mais
distrayants comme la collecte des pièces d'or (un classique chez Mario!,
chez Luigi c'est plutôt les billets de banque qui l'interesse), ou la
capture des fantômes, etc.
A
ce niveau, Super Mario Sunshine s'en sort mieux… grâce à la 3D ! Les mondes
sont moins lassants à revisiter car ils sont vus sous d'autres angles
ou alors ils se déroulent dans un endroit précis de la carte. Luigi, lui,
souffre du symptôme Resident Evil : les allez-retours entre les différents
étages et pièces deviennent vite gonflants (pour revenir au point de départ,
pensez à vous prendre en photo devant un miroir).
Donc
sur ce coup là : net avantage pour Mario.
Dans
les deux cas, une jouabilité exceptionnelle !
Le
point fort de Nintendo, tout comme chez Sega, c'est la jouabilité ! plus
que les graphismes ou tout autres aspects techniques, la jouabilité reste
de le fer de lance de la marque ! Que cela soit pour Mario ou Luigi, nos
deux italo-américains se laissent manipuler avec délectation et bonheur.
L'excellent manette GC est un modèle du genre et répond parfaitement à
vos sollicitations.
Cependant,
si l'on compare les deux, la palme revient à Luigi ! Hyper maniable, d'une
convivialité exemplaire, la gestion de l'aspirateur ne pose aucun problème.
Et en trois coups de cuillère à pot vous êtes complètement familiarisé
avec le jeu et les différentes techniques d'aspiration et de soufflerie
n'auront plus aucun secret pour vous.
En
ce qui concerne Mario, c'est la première fois que je le trouve aussi pointu
! En effet la jouabilité est excellente mais requière une bonne dose d'attention…
le moindre cafouillage avec la manette vous coûte cher…Et il n'est pas
rare de devoir se retaper tout le chemin pour retourner au point où vous
vous êtes lamentablement planté en confondant " triple-saut " avec " salto-arrière
"… Rageant.

Autre
problème de Mario : les angles de cameras sont franchement désastreux
! Il faut sans cesse recadrer son personnage. Nintendo nous laisse l'opportunité
de régler nous même notre angle de vue mais force est de constater que
ce n'est pas l'idéal ! Avant chaque niveau de plate-formes, il faut bien
calculer son coup et définir le meilleur angle… Lassant.
A
ce titre les novices du paddle devraient logiquement se tourner vers Luigi
et les hard core gamers vers Mario.
Le
verdict : Un Luigi populaire ! Un
Mario Elitiste !
En
définitive, même s'ils ne concourent pas dans la même catégorie, ces deux
titres symbolisent la firme Nintendo et un joueur est en droit de savoir
quel est le meilleur des deux. Pour ma part, je pense que Luigi's Mansion
fera l'unanimité : simple d'accès, original dans son concept, hyper jouable,
graphismes amusants, ambiance…
Bref
il vole la vedette à son frère ! Que vous soyez un joueur novice ou confirmé,
Luigi's Mansion vous fera passer un agréable moment. Quant à Super Mario
Sunshine, c'est aussi une bombe ludique mais néanmoins je la déconseille
aux plus jeunes d'entre vous car c'est la première fois qu'un Mario est
si dur. C'est clair : les moins de six ans vont en chier !
Les
fans plus âgés de Mario qui comme moi frôlent la trentaine et autres "
Hard Core Gamers ", malgré une cure d'amincissement des stages, trouveront
rapidement leurs repaires et s'amuseront pleinement avec ce titre.
SUPER
MARIO SUNSHINE

GRAPHISME :
9/10
INTERET : 8/10
BRUITAGE/SON : 9/10
JOUABILITE : 7/10
DUREE
DE VIE : 8/10
NOTE
GENERALE : 8,5/10
-
POUR :
Ben un nouveau Mario c'est toujours un évènement -
réalisation sympa avec de beaux effets graphiques - toujours
des trouvailles - Son Dolby Prologic 2 - Yoshi is here !
-
CONTRE :
Un Mario pas vraiment destiné aux enfants mais plutôt
aux pros du paddle - un peu court
LUIGI'S MANSION

GRAPHISME :
8/10
INTERET : 9/10
BRUITAGE/SON : 9/10
JOUABILITE : 9/10
DUREE
DE VIE : 8/10
NOTE
GENERALE : 9/10
-
POUR :
Hyper jouable - fun - bonne réalisation - Le premier Resident
Evil pour enfant :)
-
CONTRE :
Un peu court - répétitif par moment